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 La religion trolle : le vaudou

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Wa'ai
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Rôle : Grande prêtresse du makoa loa

MessageSujet: La religion trolle : le vaudou   Jeu 6 Aoû 2015 - 23:54

L'univers culturel des trolls est parfois difficile à prendre en main, surtout quand on commence à parler de vaudou, de mojo et de loa. Ce sujet tente de regrouper les différentes miettes d'informations laissées par Blizzard, sous forme d'extraits officiels recopiés en jaune accompagnés d'interprétations plus personnelles. N’oublions pas que sur le plan thématique, le vaudou troll proposé sur World of Warcraft est un mélange du vaudou des Caraïbes et d’éléments culturels des anciens peuples mésoaméricains (Aztèque, Maya) à la sauce cinématographique hollywoodienne.


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Le vaudou : généralités


Crash of empire, par breathing2004

Certains érudits voient le vaudou comme une sorte d'animisme, et dans une certaine mesure cette théorie est vraie. La religion trolle prend cependant un penchant résolument plus sombre que les croyances des chamans orcs et taurens. Les trolls ont un système de croyance complexe impliquant des esprits malveillants et leur intervention sur le monde. Ils considèrent les esprits comme des créatures à part entière évoluant sur un autre plan d'existence. Les esprits sont avides, hostiles et dangereux.

Horde Player's Guide (2006)


Le vaudou est la religion trolle depuis des millénaires. En tant que religion, le terme « vaudou » désigne à la foi le système de croyance trolle et le culte associé (rites, prières et pratiques magiques notamment). La croyance vaudou se fonde sur l'idée que le monde est peuplé d'esprits, divinités et forces invisibles, qui peuvent interagir avec les vivants : les « loas ».

Le vaudou fait partie intégrante de la culture et de la vie quotidienne trolles et les rend extrêmement superstitieux. Tous les trolls ont appris à respecter les esprits, mais seuls les maîtres du vaudou (féticheurs, prêtres et chasseurs des ombres) savent comment mener les rituels nécessaires pour apaiser les esprits et s'attirer leur faveur.


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Qu'est-ce qu'un loa ?

Les Zandalari vénèrent les « loas », de puissants esprits qui peuplaient le monde avant même l’arrivée des titans. Il en existe de nombreuses sortes, faibles comme extrêmement puissantes. La plupart n’ont pas de forme, d’autres, à l’inverse, peuvent apparaître sous les traits d’animaux ou de créatures.

Les ombres des loas, objet en jeu

Les féticheurs appellent les esprits ancestraux et les protecteurs de la tribu. Les chasseurs des ombres invoquent les noms de dieux sombres, d’anciennes puissances dont les légendes sont teintées de cruauté et d’effusion de sang, mais qui peuvent également montrer de la bienveillance quand apaisées.

Magic ans Mayhem (2004)

Mais les Loas peuvent aussi bien prononcer des bénédictions que proférer des malédictions : on raconte aux jeunes trolls des légendes qui décrivent le sort des pauvres hères frappés de malédiction par les Loas et qui deviennent incapables de guérir ne serait-ce que d’une blessure superficielle, afin de leur instiller le respect qu’ils doivent témoigner aux esprits protecteurs.

Questions aux CDev’ 2


Les loas (parfois appelés les Invisibles ou les Éternels ou les Dieux) sont des entités immatérielles présentes partout et en toute chose. Ils peuvent agir sur le monde des vivants, de manière bénéfique ou non. Il n’existe pas de description précise des caractéristiques nécessaires pour distinguer ce qui est un loa de ce qui n’en est pas un.

Cependant les trolls voient en tout concept incorporel l'action d'un loa et leur interprétation des autres cultures s'axe autour de cette croyance. Un spectre vengeur ? Loa. Un esprit de la forêt ? Loa. L'Ancien Goldrinn ? Loa. Une force élémentale ? Loa. Chacun sera révéré et craint.

Les loas mineurs sont généralement invisibles, ne possèdent pas de forme propre et n'ont pas d'impact sur le monde physique, demeurant dans le monde intangible. Au contraire, les plus puissants loas peuvent agir auprès des vivants, dans le monde tangible, et conférer pouvoirs ou malédictions. Bien que les loas soient par nature incorporels, certains rituels plus ou moins complexes en fonction du loa concerné, permettent de les invoquer dans le monde physique. En leur qualité d'entité immatérielle, les loas dont le corps physique est détruit ne meurent pas, leur essence retourne simplement à l'état incorporel, dans le monde intangible. C'est notamment le cas d'Hakkar l’Écorcheur d'âme, qui fut invoqué à Zul'Gurub puis vaincu par des aventuriers, mais dont l'esprit ne fut jamais détruit et perdure encore de nos jours. C'est pourquoi les loas sont considérés comme éternels.

D’autre part un loa est généralement associé à un concept (guerre, ruse, fertilité...), un pouvoir (don de guérison, hydromancie, pouvoir de dissimulation...) et une forme iconique (animal ou élément représentatif).


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Le panthéon des loas trolls

Bien que les deux royaumes [Amani et Gurubashi] des trolls aient partagé une croyance commune dans le grand Panthéon des dieux primitifs, les Gurubashi tombèrent sous l’influence du plus sombre d’entre eux.

La colère du fléau des âmes, livre en jeu

Q : Quel loa les Sombrelances vénèrent-ils ?
R : Étant donné que les Sombrelances faisaient partie de l’empire gurubashi à l’origine, ils vénèrent toujours les mêmes loas que les Gurubashi d’alors.


Questions aux CDev’ 1

Les familles zandalari vouent parfois un culte à leur loa, les cités ayant souvent leurs propres divinités. Quant aux grands loas, ils sont vénérés par toute la nation.

Les ombres des loas, objet en jeu


Il semble que les trolls partagent un panthéon commun originel remontant à la naissance de leur civilisation. Bien que les plus grands loas soient connus et vénérés par les trolls du monde entier, chaque tribu honore les loas locaux qui se manifestent à leurs côtés. De plus chaque famille peut également honorer ses propres loas mineurs, inconnus des autres. Le panthéon des loas trolls est donc quasiment infini. A cause de cette diversité, il est difficile de dire si les loas portant différents noms mais incarnés par le même animal sont en fait les mêmes [de la même façon que les Grecs et les Romains partageaient un panthéon semblable avec différentes appellations] ou s'il s'agit de loas différents. C'est notamment le cas qui se pose pour Ula-Tek des Amani, Hethiss des Gurubashi et Sseratuss des Drakkari, tous trois représentés comme un loa à forme de serpent.

Il peut exister des rivalités entre les tribus, et les membres d'une tribu peuvent dénigrer les loas protecteurs des autres trolls, comme par exemple la Prophétesse sombrelance Janidi, qui explique : « Aucun troll sombrelance qui se respecte ne rend de culte aux oiseaux. Leurs esprits sont faibles, capricieux, et il vaut mieux les laisser aux Amani ».

Ce panthéon évolutif et varié accueille de nombreuses entités n'existant pas par elles-mêmes dans le monde physique, et évoluant plutôt dans des espaces d'existence parallèles, parfois nommés « plans ». Il est possible de regrouper les loas en plusieurs catégories, décrites ci-dessous, en fonction de leur plan d'origine.

Les loas primordiaux

Q : Quel rapport y a-t-il entre les Anciens du Rêve d’émeraude et les Loas ?
R : Les druides trolls qui séjournent à Reflet-de-Lune emploient le terme de Loas [...] pour désigner Goldrinn, Aviana et les autres Anciens ressuscités. Les elfes de la nuit et les taurens ont bien tenté d’enseigner à ces trolls la nomenclature druidique « appropriée », mais les trolls n’en ont fait qu’à leur tête, jusqu’à présent...


Questions aux CDev’ 2


Les loas primordiaux sont l'incarnation de la vie sauvage et se manifestent généralement sous la forme d'animaux de la faune locale. Ils sont reliés au plan éthéré onirique d'Azeroth, appelés Rêve d'Emeraude. Ils peuvent partager des pouvoirs spécifiques, tel le don de vénimancie accordé par le loa serpent des Gurubashi. Les Anciens tels Goldrinn ou Aviana, ainsi que les Astres Vénérables de Pandarie, sont considérés par les trolls comme entrant dans cette catégorie.

Les loas élémentaux

Pendant des années, le Porteur des marées servit l'empire Gurubashi, invoquant ses élémentaires d'eau au combat et manipulant les flux aquatiques de la vallée de Strangleronce au profit de l'Empire. Mais alors que les années passaient, le Porteur des marées se fit plus solitaire, restant de longues périodes de temps loin de la cour.

Légendes des Gurubashi, Volume 3


Les loas élémentaux sont l'incarnation de l'environnement, les esprits des lieux en quelque sorte. Ils sont reliés aux quatre plans élémentaires et apparaissent sous la forme des forces de la nature : feu, vent, pluie, sable, roche, etc. Cette catégorie est celle qui se rapproche le plus du chamanisme enseigné par les orcs. Le culte lié aux esprits élémentaires se retrouve dans de nombreuses tribus trolles, dont les maîtres du vaudou peuvent invoquer aisément les esprits mineurs dans le monde physique, comme les Drakkari qui tentèrent d’appeler l’eau et la glace du Norfendre contre le Fléau, ou bien les Farraki qui en appellent à la furie des sables.

Les loas ancestraux

Les trolls pensent également que leurs ancêtres subsistent en tant qu'esprits jaloux qui regrettent le monde des vivants et exigent des sacrifices de sang pour les apaiser.

Horde Player's Guide (2006)

Si l’on en croit la légende, les Zandalari les plus puissants et érudits peuvent devenir des loas, leur dernière heure venue.

Les ombres des loas, objet en jeu


Les loas ancestraux rassemblent les esprits de puissants défunts et sont naturellement reliés au plan spirituel des morts, nommé le Royaume des Ombres. Cette catégorie est celle qui se rapproche le plus du chamanisme enseigné par les taurens. Les loas défunts peuvent parfois garder une vague apparence de ce qu'ils étaient de leur vivant. Ainsi le loa Bwonsamdi, qui possède l'apparence d'un vieux troll à la peau blanchâtre et aux yeux luminescents, semble être un puissant loa ancestral lié à la tribu Sombrelance. D'après la nouvelle Le Jugement, disponible sur le site officiel, il semble que Sen'jin, le père de Vol'jin, soit devenu un loa après sa mort. En outre les trolls considèrent aussi les feux-follets comme des loas ancestraux, et cela parait logique puisqu'il s'agit des manifestations plus ou moins puissantes des âmes des elfes de la nuit.

N'oublions pas que les esprits mineurs les plus faibles n'ont pas de forme ou apparence propre, quelque soit la catégorie à laquelle ils appartiennent.

Les autres genres de « loas »

Hormis les loas « naturels » sus-cités, les trolls sont susceptibles de vénérer toute sorte d'entité, surtout si elle possède de grands pouvoirs sur le monde physique. Les démons peuvent ainsi être considérés comme des loas par les trolls car ils sont capables de communiquer depuis un autre monde tout en demeurant invisible et sont invocables dans le monde tangible sans jamais pouvoir y périr, retournant dans le Néant Distordu pour s'y réincarner à l'infini. Les démons peuvent également conférer de grands pouvoirs s'ils sont apaisés et satisfaits et même prendre possession du corps de leurs dévots, de façon très semblable aux autres loas.

Il est probable que les trolls ayant été confrontés à la Légion Ardente, notamment les Sombrelances, ne se laissent plus berner par ces « faux dieux » dont l'unique objectif est la destruction du monde. Néanmoins quelques démons rusés (au service de la Légion Ardente ou dissidents) sont sans doute à même de se déguiser en se faisant passer pour des loas mineurs ordinaires. C'est le cas de Fiznak, un diablotin au service de la trollesse Unjari à Orgrimmar, qui est affublé d'un masque tiki et nous dit : « Bon, je ne vois rien avec ce masque, mais à ELLE je ne vais pas lui dire. »

Enfin, les trolls peuvent également vénérer, consciemment ou non, des entités liées aux Dieux Très Anciens scellés sous la surface d'Azeroth. Ces créatures malfaisantes n'aspirent qu'au chaos et peuvent manipuler aisément les émotions les plus sombres et les esprits les plus faibles, afin de transformer quelques trolls en pions obéissants. C'est notamment ce qui arriva à Zan'do, puissant féticheur déchu, qui, sous l'emprise d'un artefact issu des Dieux Très Anciens, exécuta un dangereux rituel de sang qui signa sa mort : « Xal'atath exhorta Zan'do à offrir des sacrifices de sang à la créature. L'esprit corrompu par la lame, le féticheur n'hésita guère. La dague à la main, il démembra certains de ses compagnons, puis se servit de leur sang et de leurs organes comme réactifs pour éveiller la monstruosité. »


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Mojo et autres termes vaudou


WOW Troll -The Juju maker, par Kimagu

World of Warcraft a récupéré quelques termes issus du jargon vaudou réel, sans réellement préciser leur définition exacte dans le cadre de l'univers d'Azeroth. Il y existe donc un grand flou sur de nombreux mots qui sont pourtant fréquemment utilisés en jeu.

Par exemple le terme « mojo » renvoie dans la réalité à un porte-bonheur fabriqué, mais en jeu les PNJ trolls portent souvent des flacons de mojo. Ainsi, dans World of Warcraft, le mojo ne serait pas un grigri décoré ou un talisman fabriqué, mais plutôt quelque chose qui se récolte et qui peut se stocker.

Intéressons-nous aux autres apparitions du concept de mojo en jeu. Si on terrasse des trolls zombis Furie-des-sables en Tanaris, le mojo enténébré est une « une masse noire et cotonneuse, qui grésille dans vos mains », tandis qu'à Zul'drak le mojo du dieu ours arctique, qui se sacrifie, est représenté par une « aura dorée qui vous imprègne d’un pouvoir d’une grande pureté ».

On remarque que la notion de mojo est associée à une sorte d'essence mystique qui est libérée à la mort de son hôte et dont l’aspect dépend de celui-ci. On peut en déduire que le mojo se référerait à une énergie vitale, l'essence spirituelle qui anime les êtres vivants et qui est libérée à leur mort. Cette énergie peut être manipulée et stockée dans des flasques (ce qui correspond à nos flacons évoqués au début) ou liée à des objets pour leur conférer des pouvoirs. Or cette définition cadre plutôt bien avec trois quêtes présentant l'idée d'une énergie libérée lors du trépas, mais sous des termes variés.

En effet, le féticheur Uzer’i, en Féralas, capture le « muisek » [prononcé en anglais « music »] de nombreuses bêtes et créatures intelligentes en piégeant leur esprit dans un récipient adapté. Sa fille Gombana nous explique : « Tuez-en, puis utilisez le récipient à muisek pour les miniaturiser et les capturer avant que leur esprit ne s’évapore. En cas de mort violente, le muisek d’une créature peut s’échapper et revenir se venger. La miniaturisation empêche le muisek de s’échapper ». Si on résume : le muisek correspond donc à l’esprit des animaux, qui est source de pouvoir et qui est libéré au moment de leur mort.

La féticheuse Mau’ari quant à elle, au Berceau-de-l'Hiver, nous parle de l’E’ko [prononcé en anglais « echo »] : « Mau’ari, elle fabrique des charmes avec les esprits des animaux sauvages depuis des années. Elle extrait l’E’ko des animaux ». Si on résume, encore une fois le terme E'ko se réfère aux esprits des animaux.

Enfin le nécrotraqueur Maltendis, qui combat les zombis des trolls Amanis dans les Terres Fantômes souhaite que nous lui rapportions des jujus trolls, qui sont selon lui « des objets luisants qui contiennent une source d’énergie inconnue. C’est probablement ce qui les anime ! ».

En dépit de ces différences lexicales (mojo, juju, e'ko, muisek), tous ces termes semblent correspondre à un même et unique concept : une énergie psychique, qui habite les corps vivants, liant l'âme à la chair. Quand une créature meurt, sa force vitale est libérée, détachée de son corps, et elle peut être utilisée pour la magie vaudou.

On notera avec un sourire que les mots e'ko et muisek semblent appartenir à un lexique musical, qui est un aspect culturel fortement lié aux pratiques vaudou, comme nous le verrons plus loin. D'une façon poétique, on pourrait dire que ce qui fait vivre un corps, c'est ce rythme régulier tambourinant dans la poitrine, qui l'anime, le fait palpiter et vibrer, et qu'à l'instant de la mort, cette cadence rythmique s'éteint, comme si elle le quittait ou s'échappait de lui. C'est peut-être la raison de l'origine des termes employées.


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Les esprits et la mort

C'est pourquoi les trolls sacrifient et mangent leurs ennemis. Ils font cela pour deux raisons. Premièrement, ils pensent que les sacrifices d'êtres vivants apaisent les mauvais esprits. Deuxièmement, ils croient qu'après la mort, l'esprit d'un ennemi peut revenir hanter son assassin. En consommant la chair de leurs ennemis, les trolls comptent ainsi détruire leurs esprits, ou au moins les affaiblir assez pour les rendre inoffensifs.

Horde Player's Guide (2006)


Les trolls croient à l'existence d'un monde intangible, invisible d'ordinaire pour ceux qui habitent dans le monde physique, refuge des choses immatérielles et abstraites. Le concept de vie après la mort est un concept abstrait et une âme est par définition une chose incorporelle. Aussi il est tout naturel que le trépas, et le passage d'un monde à l'autre qu'il sous-entend, soit un sujet qui préoccupe les trolls.

Tuer une créature faible ne représente pas un danger, mais tuer un puissant ennemi signifie libérer potentiellement un puissant esprit qui peut se retourner contre son assassin et le maudire. Il convient donc de s'en prémunir. Le corps possède une connexion particulière avec l’esprit qui l’habitait auparavant, c'est pourquoi détruire le corps, en le mangeant notamment, doit permettre de détruire ou affaiblir son ancien esprit. C’est de là que provient le cannibalisme troll : un acte rituel, nullement lié à un moyen de subsistance journalier.

Au sein de la Horde, les trolls ont compris que de telles pratiques écœuraient leurs alliés, aussi privilégient-ils d'autres possibilités... et concernant les traitements envisageables à infliger aux dépouilles de leurs ennemis, les trolls sont créatifs.

Ces trolls ne mangent plus leurs ennemis, mais utilisent d'autres méthodes pour capturer, blesser ou détruire les esprits de leur ennemi. Ces méthodes incluent l’intervention d'un féticheur, la combustion du cœur de l'ennemi, l'immersion du corps au fond des eaux et la transformation en tête réduite.

Les féticheurs trolls croient que l'esprit d'un ennemi tué se réfugie au niveau de la tête avant de s’échapper définitivement du corps. Les trolls qui souhaitent piéger les esprits ennemis les transforment souvent en têtes réduites.


Horde Player's Guide (2006)


Au contraire, les rites funéraires dédiés aux trolls et à leurs alliés visent à protéger leur esprit dans l'autre monde, au cours d’une cérémonie qui doit être menée par un maître du vaudou.

Souvent un féticheur sacrifie un animal à proximité pour distraire les esprits malveillants alentour ; s'il n'y a pas le temps pour un tel rituel, il est possible de s'entailler les bras et de laisser le sang couler. Les trolls pensent que cet acte sanglant détourne l'attention des esprits agressifs proches, afin qu'ils ne s’aperçoivent pas qu’une nouvelle âme entre dans leur domaine. Cela permet à l’esprit récemment décédé de passer plus facilement vers le monde intangible et y trouver le repos sans être malmené.

Les trolls désapprouvent la crémation, car ils croient que le corps procure à l’esprit du mort un lien avec le monde des vivants, et que le détruire laisse l’esprit à la dérive et confus pour l’éternité. Récemment les trolls se sont mis à retirer les yeux du défunt, dans le but d'ouvrir un chemin à travers le crâne où l'esprit est réfugié, dans le but de lui permettre de sortir plus aisément et rejoindre l'au-delà.


Horde Player's Guide (2006)


La bonne préservation des corps est indispensable pour ne pas nuire à l'esprit du défunt. Parmi les techniques d'embaumement, la momification est privilégiée et pratiquée par la majorité des tribus pour assurer une longue conservation des corps, qui sont ensuite regroupés dans un cimetière ou des catacombes proches du village, à l’abri des éléments et des charognards. Les trolls pensent ainsi protéger les esprits des ancêtres qui demeurent près de la tribu, pour apporter conseils et protection aux générations suivantes.


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Les possessions et transes

« Esprits ! Moi je vous offre mon propre corps ! Parlez à travers moi !  »

Féticheur Hez'tok


Dans de nombreux exemples en jeu, les prêtres et féticheurs trolls de diverses tribus invitent ou forcent des loas à prendre place dans leur corps. La possession d’un corps par un loa est toujours précédée d’une transe suscitée par le rythme des tambours, des danses effrénées et parfois des sacrifices rituels sanglants.

Les personnes qui entrent en transe ne sont plus elles-mêmes et ne contrôlent plus leur corps, habité par l'esprit qui a été invoqué. Elles ne sont plus qu'un vaisseau permettant au loa d'avoir un ancrage dans le monde physique. Ceux qui offrent leur corps aux loas, partagent leur enveloppe charnelle avec eux, c'est pourquoi leur corps se transforme généralement pour prendre une apparence plus représentative du nouvel esprit à l'intérieur.

C'est le cas des prêtres de Zul'Gurub, qui laissaient leurs loas interagir à travers eux volontairement. Ils prenaient alors l'apparence de ce loa et ses facultés magiques ou physiques. Durant l'évènement pré-Cataclysm de reprise des îles de l’Écho, le féticheur Hez'tok a également invoqué les loas ancestraux des trolls Sombrelances pour recevoir une augure. Au moment de sa possession, il a subitement pris une apparence translucide et plus grande.

Enfin, ce qui c'est produit à Zul'Aman est légèrement différent, puisque le seigneur des maléfices Malacrass avait scellé par la force et la contrainte l'essence des loas amanis dans le corps de trolls qu'il avait choisi arbitrairement. En conséquence, les possessions de ces trolls par les loas ne sont pas parfaites et ils conservent en partie leur apparence de troll (généralement le bas du corps).


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Danse et musique dans le vaudou

Sur le champ de bataille, un troll a besoin d’une bonne cadence de guerre pour se battre du mieux qu’il peut. Le rythme lancinant des tambours donne de la force à son bras et attire la protection des esprits sur lui.

Yayo'jin la Mystique, féticheuse vengebroche

Sombrelances ! Les tambours, ça fait longtemps que je les ai pas entendu. Et les offrandes ! Longtemps que j'en n'ai pas eu à moi. Moi, je veille sur vos morts, Vol'jin... et pour RIEN !
Pourquoi les Sombrelances ils ont abandonné Bwonsamdi ? HEIN ?!


Bwonsamdi, évènement pré-Cataclysm



Toutes les tribus trolles aiment la musique. Elle est aussi innée pour eux que respirer et leur cœur bat déjà la mesure à l'instant même où ils commencent à vivre. Boum, boum, boum, boum. Les instruments de musique privilégiés sont les percussions. Les plus courants sont les tambours, mais l'usage de gong est privilégié pour satisfaire certains loas.

La musique a une place au moins aussi importante que le vaudou dans la culture trolle, et les deux sont intimement liés. En effet, la danse et la musique font partie intégrante de la formation des féticheurs et des prêtres, car elles permettent d'attirer l'attention et les faveurs des loas, que ce soit pour recevoir une augure, pour préparer une bataille ou pour témoigner de la reconnaissance à un esprit.

Bien sûr, à l'origine de la civilisation trolle, le battement des tambours avait un simple rôle de protection et de communication : faire du bruit pour éloigner les bêtes et les mauvais esprits et signaler la présence du village aux intrus. Cette fonction est toujours utilisée de nos jours. Lorsque vous marchez dans la jungle ou la forêt, et que soudain vous entendez les tambours d'un village troll, vous savez qu'il vaut mieux être sur vos gardes, ou plus prudent encore, qu'il faut fuir. Mais la musique a ensuite pris un rôle indispensable dans l'ensemble de la vie quotidienne.

Ainsi, il ne se passe pas une cérémonie, pas une fête, pas une célébration, sans que les participants ne partent dans des danses et chants effrénés. Les trolls ont tellement le rythme dans la peau, que vous verrez parfois des PNJ trolls se trémousser, sans raison apparente, au milieu de leur activité de la journée, simplement pour le plaisir de danser.


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Le vaudou le plus sombre

Le puissant loa Bwonsamdi veille sur les esprits des trolls sombrelances, mais nombreux sont les morts de la tribu Furie-des-sables qui ne jouissent pas d'une telle protection dans l'au-delà. Ces esprits torturés obéissent à Zum'rah, un cruel féticheur qui use de sa magie maléfique pour asservir éternellement les morts de la cité.

Féticheur Zum'rah, codex du donjon de Zul'Farrak


Parmi les esprits que les féticheurs et chasseurs des ombres appellent à eux, certains sont plus maléfiques et instables que les autres. De même, certains pouvoirs et sortilèges vaudou sont sujets à controverse et doivent être manipulés avec précaution et pondération. Les féticheurs trolls sont généralement des messagers privilégiés des loas, ainsi que des soigneurs et conseillers auprès de la tribu, grâce à leurs nombreuses connaissances spirituelles et alchimiques. Pourtant certains féticheurs se détournent de ces rôles de « sages » pour se concentrer sur leur propre puissance, au moyen de savoirs plus dévastateurs. Délaissant les soins et bénédictions pour s'orienter vers les plus néfastes malédictions, abandonnant les usages ordinaires pour se tourner vers des savoirs plus occultes, ces féticheurs se font parfois surnommés « maléficieurs ».

Ces trolls sont au mieux évités et tolérés par le reste de la tribu, au pire bannis de la tribu si les autres estiment qu'ils représentent une menace. C'est notamment ce qui arriva à Zanzil le Paria, envoyé en exil par la tribu Casse-crâne pour avoir concocté des mixtures transformant ses frères trolls en esclaves décérébrés.

Dans les magies les plus sombres, on retrouve la nécromancie impliquant la soumission totale du relevé. Cette pratique arrache de force une âme appartenant au monde des esprits pour l'attacher contre son gré au monde physique, et la soumet aux ordres et à la volonté du nécromant, ce qui est rarement bien vu. Ceci est encore plus vrai pour les Sombrelances, dont les âmes des défunts sont sous la protection du loa Bwonsamdi, et lui sont dédiées en quelque sorte.

De manière générale, tout ce qui concerne l'asservissement mental d'autres trolls est prohibé. Ceci est particulièrement vrai parmi les Sombrelances qui ont souffert de la traitrise du Féticheur Zalazane qui avait soumis de nombreux trolls à sa volonté.

Si un troll décide de ne pas écouter les paroles des loas, de se détourner d'eux, de délaisser les offrandes et un comportement dévot, il se destine à être, au mieux évité par le reste de la tribu si on le pense fou ou simplet, car ses voisins ne voudront pas que la vengeance des loas à son encontre se répercute sur eux, au pire sévèrement puni et torturé, si on pense qu'il est maître de lui-même, avant de le laisser à la merci des loas dans l'autre monde.
Prétendre être l'égal des loas est également considéré comme un affront très grave passible des mêmes sentences.

Vénérer Hakkar, le dieu sanglant, est considéré comme pure folie, car si ce loa redoutable est capable de donner des pouvoirs considérables à ses fidèles, le prix du sang et des sacrifices demandés en son nom conduisent à l'asservissement et au fratricide. Ses prêtres, les Atal'ai, et ses servants, les Hakkari, ont été bannis de la jungle de Strangleronce.

Bien entendu, toutes ces pratiques peuvent soudain sembler plus raisonnables et envisageables dans les situations les plus désespérées. Ainsi, le nécromant déséquilibré Zanzil et le prêtre Atal'ai Jin'do, n'eurent aucun mal à convaincre les reliquats de la tribu Gurubashi effondrée de se joindre à eux en promettant la puissance et la gloire afin de reconquérir Strangleronce.



La Horde décourage l’apprentissage des anciennes voies alors les trolls s’essaient aux nouvelles. En surface du moins. Personne ne peux être certain de ce que pense un troll au fond de son cœur.

Magic in the Horde : jungle trolls


Pour un temps, les Sombrelances ont tempéré les plus sombres aspects de leur religion. Ils respectaient les orcs de la Horde de Thrall qui les avaient sauvé et ne voulaient pas froisser leurs nouveaux alliés. Sous l'influence de Thrall, ils arrêtèrent les sacrifices d'êtres intelligents, et ont privilégié les sacrifices d'animaux. Sous l'influence de Thrall le cannibalisme cessa officiellement.

Néanmoins, certains trolls continuaient à pratiquer leur rituel en cachette. Pas vu, pas pris, pas coupable, comme le prouve le texte de l'ancienne quête du troll Ken'jai, maître des prêtres en Durotar avant le patch 4.0 :

« Salut à toi. Notre peuple a rejoint la Horde parce qu'ils sont bons pour nous. Eux loyaux et eux enseignent des trucs sur l'honneur. Mais nos traditions ont la vie dure. Ce n'est pas parce que les orcs n'approuvent pas toutes nos coutumes qu'il ne faut pas continuer à en pratiquer quelques-unes en secret.

Vous savez ça, c'est pourquoi je vous envoie à Tai'jin, qui vit à Tranchecolline. Elle vous apprendra les pratiques de notre tribu. Allez la voir quand vous le voudrez. »


Les Sombrelances étaient donc déchirés entre leurs anciennes pratiques et l'adaptation à leur nouvelle vie au sein de la Horde. Le changement fut lent. Et un certain nombre d'évènements récents semblent avoir stoppé ce changement.

Avec la reprise des îles de l’Écho, les trolls ont récupéré un endroit à eux, à l'écart des orcs et d'Orgrimmar, où ils peuvent se livrer à leur magie sans crainte d'être surveillés. La promesse que Vol'jin a faite au loa ancestral Bwonsamdi semble aussi indiquer un retour aux sources, avec l'assurance de nombreux sacrifices en son honneur.

Par la suite, le départ de Thrall et l'arrivée de Garrosh Hurlenfer à la tête de la Horde ont éloigné un peu plus les trolls de leur soumission aux lois de leur faction. Vol'jin acceptait les demandes et ordres de Thrall, parce que Thrall était le sauveur prédit par Sen'jin pour assurer la survie des Sombrelances. En l'absence de Thrall, et après avoir été chassés de Orgrimmar par Garrosh, les féticheurs vantant les pratiques intensives du vaudou ont pu trouver des oreilles attentives parmi les Sombrelances les plus pragmatiques : si la Horde échoue ou se retourne contre eux, les trolls pourront compter sur leur foi ancestrale.

Maintenant, Vol'jin est chef de guerre de la Horde. Il est certain que leur nouvelle position au sein de leur faction est déterminante dans les permissions et privilèges qu'ils s'accordent à présent individuellement pour pratiquer le vaudou plus librement.


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